Et si la Ferrari Luce était l’Apple car tant attendue par les fans ?

Ferrari vient de dévoiler deux nouveaux éléments de son futur modèle 100% électrique. Et, ce sont deux énormes surprises qui ont séduit ou dérouté, au choix, les amateurs de la marque au cheval cabré !
Tout d’abord, le nom de la voiture : Luce, lumière en italien ! Un nom totalement à l’opposé de la dialectique des modèles passés et actuels. Selon John Elkann, le président de Ferrari, il fallait créer une rupture pour un modèle à nul autre pareil, la première Ferrari 100% électrique.
Deuxième élément disruptif, la planche de bord ! Elle ne ressemble à rien de connu chez Ferrari. Ni ailleurs ! Cet ensemble à la modernité futuriste teintée d’une inspiration rétro est l’oeuvre du studio de design LoveFrom créé par les ex-designer d’Apple, Sir Jony Ive et Marc Newson. A eux deux, ils sont les parents des plus gros succès de la marque à la pomme, de l’iPhone à l’Apple Watch en passant par les iMac et MacBook Air !

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont transposé un certain univers d’Apple à l’intérieur de cette nouvelle Ferrari ! Ce qui devrait séduire les amateurs du genre. En revanche, pour les puristes et les amateurs de Ferrari… cela risque de prendre un peu plus de temps !
Non pas que cette nouvelle planche de bord soit dénuée de charme, d’innovations et d’un design clair et épuré, la sensation vient plutôt d’un manque de sportivité, d’une dilution de l’ADN d’une Ferrari. S’inspirer de la high tech et du téléphone portable n’est pas nouveau puisque Renault le démontre avec le combiné de ses R5, R4 et Alpine A290. Cette dérive des constructeurs automobile vers l’univers numérique au nom de la modernité fait oublier aux designers la simplicité d’utilisation, la clarté aux profits d’écrans aux multiples fonctionnalités. Est-ce que la planche de bord et les instruments d’une voiture doivent désormais ressembler à un téléphone portable ? Pas si sûr !
Tous les propriétaires d’un véhicule arborant le cheval cabré au centre du volant le savent bien : c’est à chaque fois une sensation indicible que de se glisser dans le siège du conducteur, passer ses mains sur le volant, poser ses yeux sur le tableau de bord et actionner le levier de vitesses dans sa grille pour les modèles les plus anciens. Ce rituel qui fait qu’une Ferrari est une marque à la forte personnalité si appréciée dans le monde entier, s’est petit à petit transformé avec les modèles à boîtes robotisées sans que les sensations soient diluées. Au contraire !

Avec la Luce, tout a été repensé. Y compris le rituel de la clé. Cette dernière est un rectangle technologique, en verre Gorilla Glass – le même que l’on retrouve sur les pare-brises de Jeep Wrangler et Gladiator et réputé pour sa solidité – que l’on insert dans un logement de la console centrale. Situé juste à droite, le tout petit levier de vitesse, lui aussi en verre Gorilla, comme la partie supérieure de la console, se manie du bout des doigts pour glisser jusqu’à la position D. Une nouvelle expérience à vivre. Ou pas !
Un volant néo-rétro

Le volant de la Ferrari Luce rend hommage au riche héritage de Ferrari tout en embrassant l’innovation moderne. L’équipe de design a choisi une forme simplifiée à trois branches, réinterprétant l’iconique volant Nardi en bois à trois branches des années 1950 et 1960. La structure en aluminium des branches est volontairement laissée apparente et mise en valeur, soulignant la résistance et la finition du matériau. Fabriqué en aluminium 100 % recyclé, l’alliage a été développé spécifiquement pour la Luce. Le volant est composé de 19 pièces et pèse 400 grammes de moins qu’un volant Ferrari standard. Les commandes sont organisées en deux modules de commande analogiques, assurant à la fois fonctionnalité et clarté. Chaque bouton a été développé pour offrir la combinaison la plus harmonieuse possible de retour mécanique et acoustique, sur la base de plus de 20 tests d’évaluation réalisés avec les pilotes d’essai Ferrari.
Un bloc d’instruments solidaire du volant

Le bloc d’instruments se déplace avec le volant, optimisant la vue du conducteur sur l’instrumentation. Le combiné d’instruments, monté sur la colonne de direction, constitue une première pour une gamme Ferrari. Il intègre deux écrans OLED superposés offrant des graphismes d’une grande netteté, des couleurs vibrantes et un contraste infini, pour une expérience visuelle inédite. Il fusionne des éléments numériques et analogiques dans une unité autonome fixée à la colonne de direction, se déplaçant en synchronisation avec l’inclinaison et la portée du volant pour une interaction fluide. L’attention méticuleuse des designers portée aux détails du bloc d’instruments a nécessité la collaboration des ingénieurs de Samsung afin de développer un panneau OLED ultra-léger et ultra-fin intégrant une première mondiale – trois larges découpes révélant stratégiquement les informations générées par un second écran situé derrière le panneau supérieur, créant une profondeur visuelle fascinante qui capte le regard. Chaque ouverture est protégée par une lentille en verre transparent, pour une sensation en trois dimensions et est entourée d’anneaux en aluminium anodisé qui confèrent un équilibre idéal à l’ensemble, en écho au style de la structure porteuse du bloc d’instruments.
Un panneau de commande orientable

Le panneau de commande, une sorte d’iPad pro équipé de toggles, est monté sur une rotule de direction, permettant d’orienter l’écran vers le conducteur ou vers le passager – une caractéristique unique qui enrichit et partage l’expérience Ferrari. L’attention portée aux détails ergonomiques, notamment la présence d’un repose-paume pour l’utilisation du panneau, élève encore l’expérience utilisateur. Cette solution permet d’interagir avec les commandes de manière fluide et intuitive, sans quitter la route des yeux, illustrant l’engagement de l’équipe à résoudre des problématiques complexes de façon simple et naturelle.
Le multigraph intégré à l’affichage central est un véritable chef-d’œuvre de micro-ingénierie. Symbole de précision et d’innovation, il intègre un mouvement propriétaire doté de trois moteurs indépendants permettant aux aiguilles de se déplacer de manière autonome. Trois aiguilles en aluminium anodisé glissent sur un cadran minimaliste protégé par du Gorilla Glass. Un système de contrôle électronique avancé offre au multigraph quatre modes –horloge, chronographe, boussole et launch control – avec des transitions animées rappelant les plus beaux chronographes. Le multigraph rend hommage à la tradition Ferrari tout en redéfinissant l’expérience à bord, en associant l’art horloger et la technologie dans une fonctionnalité qui exprime la passion et l’excellence de la marque.
Un tableau de bord inspiré de l’aviation

Les commandes s’inspirent à la fois des codes historiques de l’automobile et des graphismes clairs et fonctionnels utilisés dans l’aviation, en particulier dans les hélicoptères et les avions. Ces écrans sont conçus pour ressembler à des jauges analogiques, offrant une sensation de familiarité et d’engagement tactile, tout en étant entièrement numériques sous leur surface. Le résultat est un cockpit à la fois moderne et classique, où chaque écran communique des informations de manière claire et lisible.
Les graphismes du bloc d’instruments s’inspirent de la clarté et de l’élégance des cadrans d’instruments historiques, en particulier ceux de Veglia et Jaeger des années 1950 et 1960. S’appuyant sur des décennies d’expérience dans la conception horlogère, l’équipe a cherché à obtenir une clarté semblable à celle d’une montre, en créant une disposition moderne et épurée qui met en valeur la lisibilité des cadrans. Les informations sont présentées de manière immédiatement lisible et intuitivement compréhensible.
Cette approche s’inscrit dans le concept de réduction de la charge cognitive pour le conducteur. En s’inspirant de la simplicité des cadrans de montres analogiques, où l’heure peut être lue d’un seul coup d’œil, les designers ont cherché à rendre les commandes et les affichages de la voiture tout aussi intuitifs. Les graphiques sont volontairement minimalistes et clairs, permettant aux conducteurs d’accéder rapidement et sans effort aux informations essentielles tout en restant concentrés sur la route.

Rendez-vous en mai pour découvrir la Luce intégralement
Le prochain rendez-vous prévu par Ferrari est dans le courant du mois de mai 2026 pour découvrir la Luce dans son intégralité. On saura alors si la première Ferrari Elettrica sera la digne héritière d’une longue tradition désormais tournée vers le futur. On saura également si la marque italienne aura eu raison de provoquer cette rupture pour mieux séduire une population élitiste, avide de spéculations sur ses modèles.
Quand on regarde ce que la concurrence propose sur un marché des voitures de luxe électriques au point mort, il est légitime de se demander si Ferrari a eu raison de casser les codes. L’avenir le dira !


